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Après avoir asséché les postes en milieu rural, l'administration met la pression sur le milieu urbain. Depuis 2003, nous sommes confrontés à des maires (généralement sénateurs ou députés) qui demandent eux-mêmes la fermeture d'une de leurs écoles, tantôt maternelle, tantôt élémentaire. Nous avons actuellement 6 dossiers ouverts (un 7ème en cours) pour ce motif : - fermeture d'école pour création de "pôle petite enfance" : Montbelliard-Doubs ; Condom - Gers ; St Jean de Brayes - Loiret ; - fermeture d'école demandée par la municipalité : classe unique : Laragne-Montéglin-Hautes Alpes ; maternelle : Ussy-Calvados. Pour un cas, le maire vient
de renoncer devant la pression des parents (St Jean de Brayes-45). - en passant par la création
de "classes passerelles" [comprenez : classes à
mi-temps et à faible effectif (du moins au début)]. Cette démarche a pour effet d'éloigner les enfants de l'école, d'augmenter la taille des structures restantes. En général, moins d'enfants peuvent être accueillis dans la nouvelle structure. On peut parler de municipalisation
de l'école maternelle. Alors que tous les pays d'Europe
nous l'envient, nous allons vers une dégradation de ce
service public.
De leur coté, les inspecteurs multiplient les
"fusions" (comprenez : fermeture d'une école
et envoient des enfants dans une autre dont on augmente la taille)
en milieu urbain, comme en milieu rural. Cela peut être
une maternelle et une élémentaire ou deux maternelles
ou deux élémentaires, tous les cas de figure sont
possibles. Cela permet de supprimer un poste de direction et
de "bourrer" les classes grâce à la globalisation
des effectifs. On peut arriver à "économiser"
un poste tous les 100 enfants environ. On assiste de nouveau à des classes maternelles ayant 30 enfants et plus. Des inspecteurs, forts de ce constat, écrivent que : "... dans ces conditions, l'accueil des 2-3 ans n'étant pas satisfaisant, le mieux, en accord avec la mairie, est de fermer l'école maternelle de 3 classes..." ; de ne rouvrir que deux classes "passerelles" à mi-temps acceuillant 15 enfants chacune le matin et d'envoyer ces enfants en garderie communale l'après-midi. Pour les autres enfants, qui ne bénéficieront pas de ce système faute de place, ils iront gonflés les autres écoles maternelles et tant pis si elles accueillent déjà 200 enfants, si elles sont loin et s'il n'y a pas de transport de prévu. Ira-t-on jusqu'à fusionner toutes les écoles d'un département afin de "rationaliser" un peu plus ? |
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