La Lettre du Maire Rural n° 301 du 01/06/2005

Enseignement : exode scolaire planifié à la prochaine rentrée

Conséquence du baby-boom de 2000, la prochaine rentrée scolaire enregistre 50 000 élèves supplémentaires. Pour y faire face, 700 postes sont créés, ce qui représente un peu plus de 71 élèves par enseignant. En tenant compte des départs en retraite, il manquera plus de 3 000 postes d’enseignants à l’échelon national, selon les syndicats. Cherchant à diminuer les dépenses, le ministère a diminué le nombre d’enseignants dans vingt-trois départements ruraux, y compris dans ceux qui auront davantage d’élèves. Ainsi, l’Aveyron gagne 170 élèves et perd 7 enseignants, la Haute-Saône perd six postes d’enseignants malgré 580 élèves supplémentaires. Sur le terrain, les inspecteurs d’académie ont souvent été tentés de regrouper les élèves, tandis que d’autres ont protégé les classes rurales.
Mais cette fois-ci, les inspecteurs n’auront pas d’autre alternative que de remplir les classes d’enseignement primaire et secondaire, pour parer à la baisse du nombre d’enseignants.

Résultat : de nombreuses classes rurales, qu’elles soient à plusieurs niveaux d’enseignement ou déjà intégrées dans un regroupement pédagogique intercommunal (Rpi), sont vouées à la fermeture.

La récupération frénétique de postes menace singulièrement l’école maternelle, dont l’enseignement n’est toujours pas obligatoire. Or, selon l’association « Ecole et territoire », les conditions d’accueil se sont tellement dégradées, que les parents préfèrent mettre leurs enfants à la garderie. «Sauf que là aussi, les conditions d’accueil se dégradent à leur tour» explique Ecole et territoire. Mais il n’en fallait pas plus à l’administration pour puiser dans ce gisement d’emplois, en poussant à la fermeture partielle, sinon définitive, des classes maternelles. Ecole et Territoire relève d’ailleurs que l’accueil des enfants de trois ans (article L 113-1 du code de l’Education) est passé de la notion « doit pouvoir être accueillis » à celle, beaucoup moins contraignante, de « peuvent être accueillis » depuis le vote de la loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’école. De même, l’accueil des enfants de deux ans prend désormais un caractère « exceptionnel », alors qu’il était considéré «possible dans la mesure des places disponibles » , en vertu de la circulaire n°91-124 du 6 juin 1991*.

Une délégation de l’association des maires ruraux de France (Amrf), conduite par son président, Gérard Pelletier, a été reçue le 23 mai par le ministre de l’Education nationale, François Fillon. Car «la fermeture d’une classe ou d’une école rurale » a des répercussions sur «les chances de la commune de conserver ou d’attirer des jeunes ménages ».
L’Amrf a rappelé qu’il fallait « une indispensable concertation en amont avec les élus concernés » et qu’il soit tenu compte de la situation particulière des communes rurales. Les maires ruraux ont également demandé le maintien des écoles maternelles, les petites communes ne pouvant assumer les frais « des structures d’accueil de substitution ».
Françoise DEGERT, le 01/06/2005

*Erratum : la loi n'a pas encore été changée. Pour l'instant, seuls les sites du ministère et des inspections ont été modifiés en ce sens

 

 
   
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